04.05.2008
La masse informe des couples Parisiens
L'été est arrivé. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais il se trouve que dehors, il y a soleil, beau temps, et couples. Argh. Non pas que je me plaigne (enfin si, sinon je n'écrirais pas à ce propos aujourd'hui... Bref), mais c'est tout de même très étonnant. Je m'explique :
Tout d'abord, il faut savoir que quand viens le beau temps, les gens se déshabillent. Rien de bien cochon, ils passent juste du T-Shirt + Pull + Manteau + Gants + Echarpe à un simple T-Shirt/Marcel/Débardeur. Mathématiquement, la surface de peau visible augmente considérablement, englobant facilement mains, avant bras, bras, épaules, cou et clavicules (miam...), parfois même nombril pour les plus aventureux(ses). Ca, c'est rythmique, ça revient tous les ans et ça ne discrimine aucun sexe. Les hommes comme les femmes mettent moins de vêtements quand est venu le printemps.
Ce qui est étrange, c'est combien on voit de couples ensembles au même endroit au même moment. Je veux bien comprendre qu'un jour d'hiver pluvieux, on préfère rester se cajoler à la maison, mais lorsqu'il y a un de ces magnifiques soleils d'hivers mordants, qui vous brûle les yeux et vous mords le coeur de son baiser gelé, n'est ce pas un des moments les plus romantiques qui soient ? L'occasion parfaite de déguster une glace à la menthe sur une terrasse intérieure ? Et bien peut être, mais l'extrême majorité des couples sort au même moment, pour aller au même endroit. C'était donc hier, j'étais sortie vendre des livres à Gibert Jeunes (des radins ceux là, j'ai laissé une douzaine de mangas et ils m'en on donné 8 euros... C'est pas avec ça que je vais visiter la Suède...), et j'avais comme une idiote pris mon gros manteau blanc anti-froid. Etant donné que sur le chemin de l'aller j'avais eu très très chaud, je me suis décidé à l'enlever, et lorsque j'ai fait cela, pouf, magiquement, des dizaines de couples ont commencé à défiler devant la Bourse aux Livres de Gibert, sur la Place Saint Michel de notre Ville Lumière. Il y en avait pour tous les goûts, soit dit en passant. Du gros graisseux qui on ne sait comment s'est trouvé une jolie timide au petit pleutre agrippé à sa plantureuse comme aux jupons de sa mère, en passant par les deux motards barbus qui se sont roulés une pelle devant moi comme si personne n'était là (mains aux fesses et tutti quanti, hein), ainsi que des filles toutes mignonnes et adorables, dans le genre princesse du Dancefloor qui lançaient des regards à tout va pour trouver quelqu'un avec qui tromper leur racaille de copain...
La disparité des couples dont j'ai été témoin n'est que le reflet de la multiculturalité de notre belle France (cocorico tralala ploum ploum), brisant les barrières de france d'en haut et france d'en bas, à laquelle vient s'ajouter la transcendance des valeurs chrétiennes traditionaliste qui... Désolée. Tout ça pour dire que c'est mignon de voir autant de diversité en un seul endroit. Ce qui m'ennuie plus, c'est le fait de tomber dans le stéréotype du Célibataire Frustré qui crache son venin sur tous les couples qu'il croise. Oui, car j'ai été moi aussi dans un de ces couples heureux qui se font des papouilles à tout moment de la journée, qui n'ont que faire des regards, qui s'aiment en public et en privé, toujours souriant, le bonheur collé aux lèvres comme les lèvres collées aux lèvres. C'était très chouette, tant que ça à duré. Enfin bref, c'est maintenant fini, et me revoilà célibataire en quête de l'amûûûûûr, le vrai, le seul, à cracher mon poison, ma jalousie et mon envie sur tous ces bienheureux de la Place Saint Michel. J'ai bien peur que mon défaitisme, mon sens de l'ironie et mon côté asocial ne m'empêchent de concrétiser ce petit désir qui remue une fois de temps en temps au fond de ma conscience. Car oui, bien que vous me voyiez pleine d'entrain, de joie de vivre et d'amour débordant pour tous mes concitoyens de la Terre entière, moi aussi j'ai un côté méchant, pleutre, violent parfois, ce petit côté très "French-Touch" et quasiment collé à tous les Parisiens de tout bords. Ce côté sinistre, gratuit, haineux, hypocrite, insidieux, pervers et vicieux qui dit "moi d'abord, écraser les autres, la domination par la peur et non pas la coopération par le respect." (à ce propos, il faudra que je vous parle du jeu de rôle "Vampire" et des gothiques, un jour).
Enfin bref, revenons à nos moutons couples. Si j'avais gagné un centime par couple rencontré, je pense que j'aurais doublé mes gains chez Gibert Jeune. Bref, frustrée de ne pas avoir reçu autant d'argent que je l'escomptait (car je suis une personne trèèèèès pingre), je remontais vers Montparnasse pour aller squatter le coin BD. J'y ai lu le premier tome d'une BD adaptée de l'univers "Wharhammer 40.000" (dont je vous parlerais aussi une autre fois) dont je ferais la critique plus poussée dans un autre article, et le deuxième tome d' "Orbital" qui est tout aussi sympa que le premier (ici aussi, critique à venir). En sortant, les pieds un peu endoloris à cause de ma circulation problématique, j'ai du vider mon sac parce que les gens derrière moi avaient fait sonner le portique. Arrivée à mon vélo (oui, je suis une écolo, bouh), un couple se fait interroger par BFM-TV, je crois. Et là, comble de l'horreur, c'est LE couple TYPIQUE. Le mec super envahissant qui tiens sa nana par les épaules, sourit tout le temps, répond en rigolant, et la petite nana qui se colle à son mec en le tenant par les hanches, mièvre à souhait, ricanant un peu nerveusement et faisant de grands yeux de chatte en chaleur au caméraman tandis qu'elle fait sa petite biche innocente à celui qui posait ses questions. J'ai failli lui vomir dessus, mais il n'y avait personne pour filmer ça et le mettre sur youtube, ce qui aurait été rigolo. C'est donc encore plus frustrée que jamais que je suis remontée sur mon vélo pour rentrer chez moi grogner sur les couples qui sont heureux alors que moi je n'ai personne, rentrant sans le vouloir dans le stéréotype des gens aigri sans amour. Et vous savez quoi ? Beuh.
16:19 Publié dans Quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 09, couples, celibat, aigreur, stereotype
29.04.2008
De la politesse
Un peu de politesse ne fait jamais de mal. J'en ai eu un exemple criant juste avant le dîner.
Je tenais le paquet de petits biscuits apéros de Belin (©,®,™, et tutti quanti) quand mon frère s'est littéralement jeté sur moi afin de m'en voler. La, comme ça, out of the blank, il a tenté de m'arracher le paquet des mains pour satisfaire sa faim de petits biscuit apéros, alors que le dîner approchait. Bien sûr, je l'ai prestement repoussé et j'ai continué à en manger comme si de rien n'était, alors que le dîner approchait (c'est pas avec mes 63 Kgs pour 1M80 que je vais m'en faire pour ma ligne, mesdames).
Bien sûr, au dîner, ça à dégénéré. Il ne pouvait pas dire "s'il te plaît ?", ce qui aurait résolu le tout d'une manière bien plus aimable et simple ? Rien qu'un petit mot, et je ne serais pas là en train d'écrire un article sur un détail de notre vie familiale.
Alors voilà, ce soir je vous parle politesse. Dire bonjour et au revoir, dire merci, même au conducteur de bus retranché derrière une vitre (faudra que je vous en parle, de celui là...), tenir la porte aux vieilles dames et même aux plus jeunes, et ainsi de suite. Oui, que la politesse vous étouffe. Nous avons tous besoin de cette étincelle de bienséance. C'est ce qui fait de nous, animaux sociaux et doués de raison, ce que nous sommes. La politesse est une pierre angulaire des relations interpersonnelles, car c'est avant tout la marque d'un respect. Si vous laissez savoir aux autres que vous les respectez, ils seront plus à même de faire pareil de leur côté. Et puis, la politesse à des côtés pratiques, très pratiques.
Imaginez la scène : Un mec super mignon est devant vous dans le métro, et il vous claque les parois bizarre (celles juste après le tourniquet, ces trucs qui ressemblent à des portes découpées en forme de bouclier anti-émeutes) dans le nez. Tout d'un coup le voilà devenu beaucoup moins mignon; je me trompe ? Tandis que ce même mec, qui vous tient la paroi et vous adresse un sourire, vous donne l'occasion d'aimer la politesse et de l'utiliser à bon escient. Je m'explique :
Soit vous êtes impolie, et vous le rembarrez méchamment. C'est vous qui n'êtes pas mignonne, pour le coup. Au contraire, si vous êtes polie, un merci et tout de suite un petit mot, pouf, magique, vous voilà dans une discussion agréable avec un mec mignon et poli.
Certes, il arrive parfois qu'il tienne la porte sans se retourner, juste par réflexe. Et bien, c'est déjà ça, au moins vous ne vous ferez pas mal.
C'est fou tout ce qu'on peut faire avec juste une porte. Maintenant, imaginez la caissière qui passe ses journées dans les "BIP BIP BIP BIP BIP BIP BIP" de sa caisse, à répéter encore et encore le même "bonjour, vous avez la carte de fidélité ? ça vous fera XXX euros, merci." pendant toute une journée, assise sur des chaises en général vraiment très inconfortables. C'est dur, d'être caissière. Même si je ne m'appesantit pas plus sur leur sort que sur celui des petits africains morts de faim, je respecte leur courage. Vous n'avez pas idée du nombre de clients ignobles qui transitent par une caisse en une seule journée. Mentalement, c'est un travail éreintant. Tout cela pour dire qu'une caissière est la seule à pouvoir vous sourire lorsque vous faites vos courses (ah oui, il faut que je vous parle des caisses automatiques, c'est urgent) et que c'est dans vos mains que se trouve son petit îlot de repos, lorsque vous êtes poli(e) avec elle/lui (oui, il y a des caissiers, et parfois même qu'ils sont mignons!). Pensez, qu'après une journée à se défoncer l'arrière-train sur une chaise de plastique immonde, à se défoncer l'entendement avec des clients qui grognent et rejettent tous leurs malheurs sur la pauvre personne qui est obligée par contrat d'être aimable avec les gens (oh combien de fois j'ai rêvé qu'une caissière réponde à un de ses emmerdeurs : "- Tu vois chérie, si tu travailles pas à l'école, tu finiras caissière comme la vieille madame moche, là. - Pardonnez moi madame, votre mari est passé tout à l'heure avec son amante et à oublié sa carte de fidélité du sex-shop voisin, si vous pouviez lui rendre, merci." Oh joie, exultation et paradis, une telle scène je la filmerais, je la mettrais sur le net et je l'encenserais toute ma vie).
Alors oui, la prochaine fois que vous faites vos courses, imaginez vous à la place de cette caissière, et imaginez que quelqu'un vous traite comme vous la traitez, voir l'effet que ça vous fait. Si j'ai bien réussi à faire passer mon message de paix et d'amour, vous lui ferez un sourire. (quand je pense que mon père et moi avons dragué la même caissière, en même temps, une fois ou l'on faisait les courses ensembles... j'espère qu'on était mignons tous les deux, parce que ça me désole de devoir dire non à des gens qui me draguent alors qu'ils ne me plaisent pas du tout).
Tout ça pour des Belins...
23:58 Publié dans Quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 05, politesse, drague
27.04.2008
Ambivalence du soi-disant Blogging
Je voulais tout d'abord vous parler de l'attitude des parisiens que j'ai crois dans mes vingt ans à vivre sur cette ville crasse, ais j'ai changé d'avis. Je vais vous parler dichotomie (celui ci est dans le dictionnaire). Dichotomie et blogging, comme il est maintenant convenu de parler, si on veux être à la pointe de la mode informatique.
Lecteur, lectrice, toi qui vient ici avec je ne sais quelles idées saugrenues pour lire les déboires inintéressants que j'y déblatère, n'as tu pas une drôle d'impression ? Comment se fait-il que les gens acceptent que de parfaits inconnus viennent les critiquer, les encourager, lire et décortiquer leur vie la plus intime dans les moindres détails, alors qu'ils refusent que leur ami d'enfance/parent/proche vienne faire de même ? Etrange, que les gens proches soient soudain écartés, que l'on cherche à s'entourer d'inconnus, tout ça pour nos petits malheurs personnels...
Tout d'abord, il faut voir que ces soi-disant inconnus, de par leur statut même d'inconnus, sont dépourvus de tout lien affectifs et surtout de préjugés sur la petite personne vulnérable écrivant son blog. Cela amène deux conséquences. D'abord, la critique bénéfique, qui peut être prise sans arrière-pensées, car c'est d'une personne "objective" dont elle est issue (ce qu'on pourrait lire comme "oh regardez, un inconnu qui ne m'a jamais vu me dit que je suis trop belle, c'est vrai alors, trop lol kthxbyexxx"); ensuite, la critique méchante quo peut être complètement ignorée, puisqu'on ne connais pas celui qui l'a faite (il m'a dit "ouh, le pas beau vilain tout moche", mais je le connais pas, de quel droit il pense pouvoir parler de moi comme ça, roflmao je montre mes parties honteuses à sa tante).
Eeeh, pratique, ça, de pouvoir oublier les mauvais souvenirs et garder les bons... Voyez a quel point le statut d'inconnu permet à nos petits bloggeurs de garder leurs carapaces psychologiques. C'est limite trop pratique. Quelque chose ne vous plait pas, vous l'effacez et puis voilà, c'est fini. Tandis que si quelque chose vous plaît, vous pouvez toujours le prouver parce que la trace est écrite et elle restera plutôt longtemps. Que m'importe l'avis d'un autre s'il diffère du mien ? Ce serait m'amener à poser la question "qui a raison" et peut être découvrir, comble de l'horreur, que j'ai tord. Quelle remise en cause, quelle souffrance cela m'amènerais de savoir que le monde ne tourne plus autour de moi parce que quelqu'un me l'a montré comme tel, avec raison, qui plus est !
Enfin, si l'on éloigne ses connaissance de son blog, ce n'est pas par manque de confiance (du moins je l'espère, sinon je devrais me faire du souci pour vos fréquentations), mais plus par manque de confiance en soi. Tout d'abord, on a peur que les autres nous voient différemment (il faudra que je vous parle de la théorie du "Dn", un jour), de choquer leur sensibilités si précieuses, engoncées dans des habitudes larmoyantes figées par la crasse monotonie. Imaginez un instant qu'un de vos amis découvre votre blog. la scène suivante pourrait très bien être "et pourquoi tu m'as pas dit que tu en avais un ? oh, en plus je lis que tu craquais sur untelle, je devrais peut être aller lui dire, non ? mais dis moi, c'est super cochon ce que tu as écrit, t'es une vraie perverse en fait... Tu veux pas négocier mon silence en échange, peut être, de ce que tu écris là, parce que je nous vois bien le faire..." (bon ok, j'exagère ne serait ce que beaucoup).
Oui, il y a de ça. Mais surtout, il y a le fait que ces gens sont physiques ! On les rencontre, on les voit, on leur parle quasiment tous les jours, on peut même les toucher, leur faire la bise, leur serrer la main... ils nous connaissent, ils nous ont parlé, ils nous ont fait la bise, serré la main... Bizarrement, les voilà dévolus à une sorte de Caste. La Caste des Amis Réels (un parallèle avec la théorie de l'échelle, peut être).
Alors oui, il arrive que l'on rencontre des gens que l'on a connu sur internet, notamment lors des ces "IRLs" comme elles sont appelées. Il arrive même que certains se marient. Mais sérieusement, si vous êtes bloggeur ou avez des amis bloggeurs, vous en connaissez beaucoup qui ont rencontré des gens sur internet et maintenu une relation durable ? Une majorité des gens répondra sûrement non. Pourquoi ? Parce que de leurs côté, ces bloggeurs sont dévolus à la Caste des Amis Virtuels E (oui, le E ne sert à rien, mais comme ça je peux faire de jolis acronymes du genre "lui c'est un CAR, mais elle c'est plus une CAVE" et que les gens me comprennent de travers. Il faudra que je vous parle d'ambiguïté un jour prochain...)
Sur ce, j'entame ma quarantième heure sans sommeil, donc je vais vous laisser.
23:09 Publié dans Quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 03, dichotomie, blogging, amis, réels, virtuels


