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27.04.2008
Ambivalence du soi-disant Blogging
Je voulais tout d'abord vous parler de l'attitude des parisiens que j'ai crois dans mes vingt ans à vivre sur cette ville crasse, ais j'ai changé d'avis. Je vais vous parler dichotomie (celui ci est dans le dictionnaire). Dichotomie et blogging, comme il est maintenant convenu de parler, si on veux être à la pointe de la mode informatique.
Lecteur, lectrice, toi qui vient ici avec je ne sais quelles idées saugrenues pour lire les déboires inintéressants que j'y déblatère, n'as tu pas une drôle d'impression ? Comment se fait-il que les gens acceptent que de parfaits inconnus viennent les critiquer, les encourager, lire et décortiquer leur vie la plus intime dans les moindres détails, alors qu'ils refusent que leur ami d'enfance/parent/proche vienne faire de même ? Etrange, que les gens proches soient soudain écartés, que l'on cherche à s'entourer d'inconnus, tout ça pour nos petits malheurs personnels...
Tout d'abord, il faut voir que ces soi-disant inconnus, de par leur statut même d'inconnus, sont dépourvus de tout lien affectifs et surtout de préjugés sur la petite personne vulnérable écrivant son blog. Cela amène deux conséquences. D'abord, la critique bénéfique, qui peut être prise sans arrière-pensées, car c'est d'une personne "objective" dont elle est issue (ce qu'on pourrait lire comme "oh regardez, un inconnu qui ne m'a jamais vu me dit que je suis trop belle, c'est vrai alors, trop lol kthxbyexxx"); ensuite, la critique méchante quo peut être complètement ignorée, puisqu'on ne connais pas celui qui l'a faite (il m'a dit "ouh, le pas beau vilain tout moche", mais je le connais pas, de quel droit il pense pouvoir parler de moi comme ça, roflmao je montre mes parties honteuses à sa tante).
Eeeh, pratique, ça, de pouvoir oublier les mauvais souvenirs et garder les bons... Voyez a quel point le statut d'inconnu permet à nos petits bloggeurs de garder leurs carapaces psychologiques. C'est limite trop pratique. Quelque chose ne vous plait pas, vous l'effacez et puis voilà, c'est fini. Tandis que si quelque chose vous plaît, vous pouvez toujours le prouver parce que la trace est écrite et elle restera plutôt longtemps. Que m'importe l'avis d'un autre s'il diffère du mien ? Ce serait m'amener à poser la question "qui a raison" et peut être découvrir, comble de l'horreur, que j'ai tord. Quelle remise en cause, quelle souffrance cela m'amènerais de savoir que le monde ne tourne plus autour de moi parce que quelqu'un me l'a montré comme tel, avec raison, qui plus est !
Enfin, si l'on éloigne ses connaissance de son blog, ce n'est pas par manque de confiance (du moins je l'espère, sinon je devrais me faire du souci pour vos fréquentations), mais plus par manque de confiance en soi. Tout d'abord, on a peur que les autres nous voient différemment (il faudra que je vous parle de la théorie du "Dn", un jour), de choquer leur sensibilités si précieuses, engoncées dans des habitudes larmoyantes figées par la crasse monotonie. Imaginez un instant qu'un de vos amis découvre votre blog. la scène suivante pourrait très bien être "et pourquoi tu m'as pas dit que tu en avais un ? oh, en plus je lis que tu craquais sur untelle, je devrais peut être aller lui dire, non ? mais dis moi, c'est super cochon ce que tu as écrit, t'es une vraie perverse en fait... Tu veux pas négocier mon silence en échange, peut être, de ce que tu écris là, parce que je nous vois bien le faire..." (bon ok, j'exagère ne serait ce que beaucoup).
Oui, il y a de ça. Mais surtout, il y a le fait que ces gens sont physiques ! On les rencontre, on les voit, on leur parle quasiment tous les jours, on peut même les toucher, leur faire la bise, leur serrer la main... ils nous connaissent, ils nous ont parlé, ils nous ont fait la bise, serré la main... Bizarrement, les voilà dévolus à une sorte de Caste. La Caste des Amis Réels (un parallèle avec la théorie de l'échelle, peut être).
Alors oui, il arrive que l'on rencontre des gens que l'on a connu sur internet, notamment lors des ces "IRLs" comme elles sont appelées. Il arrive même que certains se marient. Mais sérieusement, si vous êtes bloggeur ou avez des amis bloggeurs, vous en connaissez beaucoup qui ont rencontré des gens sur internet et maintenu une relation durable ? Une majorité des gens répondra sûrement non. Pourquoi ? Parce que de leurs côté, ces bloggeurs sont dévolus à la Caste des Amis Virtuels E (oui, le E ne sert à rien, mais comme ça je peux faire de jolis acronymes du genre "lui c'est un CAR, mais elle c'est plus une CAVE" et que les gens me comprennent de travers. Il faudra que je vous parle d'ambiguïté un jour prochain...)
Sur ce, j'entame ma quarantième heure sans sommeil, donc je vais vous laisser.
23:09 Publié dans Quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 03, dichotomie, blogging, amis, réels, virtuels
26.04.2008
Les Noces de Figaro
Hier soir - pour mon anniversaire - je suis allée au théâtre, voir un Opéra des Noces de Figaro (nantie que je suis d'aller à l'opéra lorsque des africains meurent de faim). On m'avait dit qu'il y avait deux réactions possible lors du premier opéra, l'une étant les pleurs et l'autre l'ennui. Et bien, j'ai vacillé entre chacune, pour être honnête. laissez moi vous raconter.
Tout d'abord, Lorsque la pièce commence, les acteurs se sont mis à chanter. Première surprise. Pire encore, ils chantaient vite, en italien, et en accentuant les voyelles de sortes qu'on ne comprennent rien à leur cacophonie. J'ai eu du mal à me mettre dans le bain. Néanmoins, le jeu des acteurs était intéressant. Et puis, les décors étaient aberrants. On se serait cru dans une école primaire de 1950 avec des galeries marchandes américaines des années 60 sur les côtés. Figaro qui répond au téléphone, je vous avoue que ça ne me plaît pas. De plus, sur le "toit" plat de ce décor, il y avait des animaux empaillés et un touriste avec un synthétiseur dont on se demandait quelle était la fonction. Ma plus grande surprise à été la découverte des sur-titres. Oui, c'est comme des sous-titres, mais dessus.
Au dessus de la scène se trouvait donc un écran ou apparaissaient de manière laconique les traduction en français non chanté de ce que racontaient les acteurs. Ici aussi, je vous avoue que l'immersion dans la pièce est dure, lorsque l'on cherche anxieusement la traduction d'un incompréhensible charabia chanté, ou lorsque nos yeux foncent se poser sur l'écran dès qu'une petite bribe de paroles vient s'y afficher. Les allers-retours entre la pièce et les sur-titres ne sont pas agréables, et nuisent à l'ensemble. Et l'une des choses horribles de ces sur-titres était leur propension à disparaître quand on en avait le plus besoin. Je m'explique :
Il semble acquis qu'a l'opéra, le spectateur à une ouïe merdique/des problèmes de compréhension majeurs/une forte propension à voter à droite/autres/ne se prononce pas. C'est pourquoi les acteurs chantent trois à quatre fois la même phrase, afin d'être sûrs qu'elle rentre bien. Le lavage de cerveau ou les discours politiques sont moins insistants sur ce point là, tout de même. La ou interviennent les sur-titres, c'est qu'ils montrent le bout de leur nez pour la première phrase, mais pas pour ses quatre répétitions. Arrivée à la seconde déjà, le spectateur est perdu, il cherche anxieusement un sur-titre qui lui permettrait de garder le fil de la conversation, mais non, ils ont déjà disparu. Alors on se retrouve pantelant, perdu, nauséeux(se) d'avoir fait bouger nos yeux à toute allure dans ces petites orbites enfoncées propres à l'espèce, parfois avec des vertiges, et tout ça sans pour autant avoir compris ou en est l'action et surtout ce qu'il s'en est dit.
D'ailleurs, l'une de mes voisines m'a avoué avoir perdu un des passages comiques du jeu des acteurs car elle regardait les sur-titres. Tout le monde riait, elle ne comprenait pas pourquoi, et moi j'ai oublié ce qui était drôle. Enfin bref, passons. L'histoire était somme toute classique, et je regrette de n'avoir pas lu la pièce avant de venir, afin de décortiquer les libertés prises par le metteur en scène, choses que je n'aime pas trop non plus. Si une pièce à été écrite d'une certaines façon, c'est pour être racontée de cette façon. Oui, le public change, certes. Mais ceux qui vont voir des pièces de théâtre sont, d'abord, capables d'aller les voir (je parle d'argent, d'oseille, de kash, de money, de flouze, de moulah...), et en général, ils sont tout aussi capables de comprendre quel type de public était visé ; et parfois même de se mettre dans l'esprit d'un tel public, afin d'apprécier au mieux la pièce en question.
Une autre chose qui m'a choquée, c'est le nombre de gens bien habillés (robe du soir, smoking, châles de toutes sortes...) qui venaient voir cette pièce. Je vous l'avoue sans peine, j'ai un préjugé sur les opéras. Pour moi, il faut les voir dans d'anciens théâtres aux balcons nombreux, avec des sièges de velours rouge et l'odeur de paille qui s'en dégage souvent, tout cela en portant un masque du carnaval de Venise, de grandes robes de marquises, une reconstitution de Versailles en arrière plan, un dragon, des fées, un prince charmant devenu méchant, des kobolds, des nains hargneux, une baguette magique, trois saucissons, deux pains de campagne, une salade, deux paquets de mouchoirs... Désolée, je m'égare.
Au final, c'était somme toute une très bonne expérience, j'ai beaucoup aimé malgré les sur-titres, le fait que ça devenait long vers la fin, et le peu de place pour mes jambes délicates.
Entre autres nouvelles, j'ai un entretien d'embauche dans peu de temps, il me faudrait aller me chouchouter.
12:17 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 02, opera, figaro, anniversaire
25.04.2008
Joyeux Anniversaire
Aujourd'hui j'ai 20 ans. Oui, je sais que mon profil dis que je suis née le 18/04/1983, mais il n'empêche qu'aujourd'hui j'ai 20 ans.
Etant donné que ceci est le premier article, je suppose que me dois de faire une déclaration d'intention. J'ai donc décidé d'utiliser cet espace comme un carnet de bord, que j'espère mettre à jour de façon quotidienne (hors périodes de vacances, et tout le monde sait qu'elles sont nombreuses en France) avec un contenu encore indéterminé, mais ce sera sûrement un ramassis d'ennuyeuses anecdotes de chaque jour, de réflexion débiles sur des sujets tout aussi débiles, de délires incompréhensibles et de diverses réactions à diverses choses.
Je tiens à insister cependant sur un point précis. Bien que très respectueuse des courageux(ses) qui prendraient un malin plaisir à lire des choses aussi ennuyeuses que celles qui sont supposées arriver, ceci est avant tout un espace de stockage pour mes histoires. Si ce que vous lisez vous mets mal à l'aise (car il y en a, et chacun sa sensibilité), je ne puis que vous conseiller de cliquer sur le petit bouton qui permet de fermer la fenêtre et d'oublier ce qui vous mettais mal à l'aise. En échange, je m'engage à ne pas tenter sciemment de mettre mal à l'aise chaque supposé visiteur, afin d'être une hôtesse des plus respectable.
Maintenant que cela est dit, je devrais peut être me présenter, vous donner un avant goût de ce que je me propose de faire... Mais je n'en ai pas envie. Quoique je pourrais vous parler des pauvres. Allez, je le fais.
Si vous habitez ou passez par notre "belle" capitale, notre Ville-Lumière à nous, ce bijou de l'humanité conquérante, civilisée et à la pointe du progrès en matière de Droits de l'Hommes ( qui, je le rappelle, sont nés ici en France, et peut être même à Paris, qui sait ? Cocorico! ), vous aurez sûrement pris au moins une fois un métro ou un RER, et parcouru les longs corridors de la des-humanisation (ce n'est pas français, ne cherchez pas dans le dictionnaire, vous perdriez du temps et le fil de la discussion) dans lesquels d'affreux pantins déambulent en faisant semblant de ne pas voir les loques humaines mendiant pour leur survie, avec un regard coupable qui résume tout : "Je t'ai vu mais je fais comme si je ne t'avais pas vu, pour éviter que tu me demandes ce que je ne te donnerais pas parce que tu comprends, ma femme/mes enfants/mon chien/insérer une raison lambda ici m'attend chez moi et si je n'utilise pas mon argent pour lui acheter une sucrerie il/elle m'en voudra, même si je sais que toi tu pourrais vivre un jour de plus avec cet argent que je jette par la fenêtre, non ne me regarde pas, on a chacun nos problèmes après tout, la vie est dure, et j'ai eu plus de chance que toi, c'est tout. Saleté de pauvre qui mendie, ne me regarde pas, je ne te donnerais rien."
Oui, un regard peut en dire autant. Mais ce qui m'a personnellement choqué, ce n'est pas cela (quoique justement, ce devrait être choquant qu'on en soit à tel point blasés que c'est banal et horriblement normal). Non, ce qui m'a choqué ce sont les "pauvres" ou les "sans-papiers" (je dit ça parce que je ne sais toujours pas pour quoi ils font ce qu'ils font) qui distribuent - ou plutôt vendent - des journaux aux sorties des bouches de métro. D'abord, je croyais que c'était un journal gratuit, comme on nous envahi avec les 20 minutes, Métro, Direct Matin Plus (dont les 3 horoscopes ne concordent jamais, mais ce sera le sujet d'un autre article).
Laissez moi vous raconter ces moments d'âpre honte et amertume.
La première fois, croyant que c'était un journal de plus, je le prends et continue à avancer comme la bonne machine que je suis devenue. Lorsque l'homme, sale, hirsute et puant m'attrape par le bras, le mode automatique s'éteint, et je me rends compte que le journal en question coûte, comble de l'horreur, DEUX euros. (l'équivalent d'un repas chez Flunch pour les enfants,comme la pub nous le dit, mais ça aussi j'en parlerais plus tard... comme quoi, il y a matière) Pingre et horrible comme je suis, mais avec un reste de conscience, je ne voulais pas lui répondre "j'ai seulement un billet de 20 euros, je ne peux pas le prendre" alors je tente de lui rendre son journal en expliquant que "désolée, je n'ai pas d'argent sur moi, je vais en cours et j'ai juste un stylo et du papier." Et l'homme ose me poser un regard du genre "tu crois qu'avec tes vêtements et ton allure, poudrée de la tête aux pieds, jolie comme tu t'es faite, tu vas me dire que tu n'as pas d'argent sur toi ? allez ma mignonne, nous c'est pour survivre...". Rendez vous compte de la scène. Ils tentent de survivre, et cela nous irrite, nous pauvres nantis qui avons l'eau chaude, l'électricité, l'Internet haut débit, trois combinés fixes et deux mobiles 06, des maisons confortables dont les thermostats ne descendent pas en dessous de 25 degrés et dont les vérandas sont trop petites pour une fête entre amis, alors que le Jaccuzzi déborde avec trois personnes.
C'était ma deuxième rencontre avec l'un d'"Eux" (oui, je vais les appeler "Eux" à partir de maintenant, ça fait bien comme aliénation). Je sors du métro, et lui à failli me plaquer le journal sur la poitrine. Ni une ni deux, je me suis retournée, je suis rentrée dans le métro et j'ai cherché une autre sortie que je savais libre de ces distributeur qui forcent à la consommation. Je sais qu'il tentent de survivre, mais ça m'horripile qu'on me force à faire quelque chose (je devrais peut être tester les différentes stations et sorties, et poster un guide pour les éviter, mais ce serait le comble de l'attitude parisienne dont je parlerais aussi plus tard).
La troisième fois, j'ai joué la sourde muette. J'ai même sorti un carnet et un stylo de ma poche pour lui écrire "je muette, pas argent, désolée, vraiment". Oui, je l'ai fait. Je suis odieuse, et même odiable (toujours pas dans le dictionnaire). D'ailleurs, pour me rattraper, j'ai donné un Ticket Restaurant de 5,50 euros lors de ma quatrième rencontre. Pour me racheter une conscience au rabais, parce qu'étant Parisienne, je n'ai pas le temps de m'occuper de ma conscience et ma coiffeuse ne s'occupe pas de leurs brushings.
Si vous vous demandez pourquoi j'en ai croisé si peu, c'est qu'a partir de la seconde fois, j'ai tout fait pour les éviter. Les troisièmes et quatrièmes fois, ils m'ont eu par surprise, à la sortie du métro lorsque personne ne pouvait me servir de bouclier (une autre technique citadines dont je pourrais parler plus tard).
12:39 Publié dans Baratin | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 01, anniversaire, journaux, sans-papiers


