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05.05.2008

Jeu de mains, jeu de vilains

Aujourd'hui, je vous parle de divertissement. Un divertissement simple, élégant, raffiné et agréable, qui vous fera cogiter des méninges très très dur et très longtemps. Pour l'histoire, j'ai découvert ce jeu il y a quatre an, je m'y suis mis plutôt sérieusement il y a 3 ans, et j'ai ensuite laissé tombé pour y revenir récemment, comme quoi, c'est comme le vélo, une fois qu'on à commencé, on ne finit jamais. Mesdames, messieurs, je vous présente le Jeu de Go (ou Go tout court pour les intimes). C'est un jeu de stratégie sur plateau, avec des règles simples qui laissent cependant une énorme liberté d'actions, rendant chaque partie unique.

Laissez moi donc retracer mon parcours :
Tout commence en cours de mathématiques. J'avais un professeur horrible (je devrais vous parler de mes années lycée, un jour) que l'on appellera Madame Moche, parce que j'ai oublié son vrai nom. D'un mortel ennui me voilà affublée, et la chaleur lourde de la classe me plongeait dans le désespoir. Détournant les yeux de la fenêtre et maudissant les chauffeurs qui ne passaient par la rue qui s'offrait à ma vue pour me divertir ne serait-ce qu'un peu, je remarque une camarade de classe tenant dans ses mains un petit livret jaune, étrange, avec des écritures et de jolis dessins de grilles avec des billes posées dessus. Ne comprenant pas, et ayant enfin trouvé de quoi faire fonctionner mon cerveau (car ce n'est pas avec un sac à main qu'on explique la trigonométrie, Madame Moche...), je me penche vers cette camarade et lui demande discrètement ce qu'il en va de ce fascicule. Elle m'explique que c'est le club de go du lycée qui édite ça, ce sont les règles du jeu. Jeu de Go ? kézako ? Le nom me sonnait à l'oreille, tandis que ma camarade se penche vers son sac pour en sortir un autre livret, plus épais, avec un couverture plastifiée. C'était un manga. Et ce manga, c'était "Hikaru no Go" (comprendre "Le Go de Hikaru"). Elle me tend le manga et me lance un "Tu comprendras en lisant ça, c'est bien.". Ayant encore une heure à tuer, je me suis mis à le lire. Je vous ferais peut être la critique de la série un jour d'ennui mortel, mais comme ce n'est pas le sujet aujourd'hui, je ne vais pas le faire. Il n'empêche que le manga a piqué ma curiosité au vif, et après le cours de Madame Moche, je me suis précipité au club de Go du lycée pour faire ma première partie (et les six suivantes).

L'année suivante, le responsable du Club quittait le lycée (oui, le Bac vous force à faire des choses pas croyables) et je me proposait donc de le reprendre, ce que je fis avec deux amis de ma classe, auquels vint s'ajouter un autre ami que je retrouvais dans ma classe l'année suivante. Je me suis donc occupé du club de go pendant 2 ans, de façon assez libérale et dilettante. Il faut dire qu'en jouant à quatre, ça devient vite ennuyeux et assez moisi. C'est alors qu'en cherchant un peu sur l'internet, j'ai découvert plusieurs sites intéressant, dont le Kiseido Go Server (KGS pour les intimes, encore une fois), qui permettait de jouer contre un peu n'importe qui dans le monde. Avec nos amis, nous nous sommes donc lancé dans l'aventure, et aujourd'hui nous ne sommes plus que deux à passer plus ou moins régulièrement dessus (enfin, je parle pour moi, l'autre étant devenu professeur de Go, donnant des cours régulièrement et ayant plein d'admirateurs de par sa technique ultra-violente et sadique).

Quand au jeu lui même, comme je l'ai dit, il est extrêmement simple et complexe à la fois. Le plateau se compose en règle générale de 19 lignes horizontales et 19 lignes verticales (on parle de 19x19, sachant que l'on trouve des 13x13 ou des 9x9), et l'on joue à deux joueurs, en posant des pierres noires et blanches sur les intersections. Le but du jeu est de former le territoire le plus grand possible, en évitant que l'adversaire fasse de même. Pour cela, les zones d'influences, murs indestructibles, attaques sous-marin, invasions et autres glissades du singe ne sont que des outils au service de la conquête.
Bien sûr, on peut capturer son adversaire, mais c'est assez coûteux en temps et en pierre, ce qui fait que les plus expérimentés des joueurs ne cherchent pas la confrontation, à l'inverse des nouveaux qui ne pensent qu'a manger leur ennemi.
Afin de jauger la force de son adversaire, il existe une notation un peu étrange au premier abord, mais néanmoins simple. Le niveau le plus faible est 30Kyu (30k) et va décroissant avec la puissance, jusqu'à 1Kyu. Lorsque l'on dépasse 1k, on devient Dan, et là le compte va croissant jusqu'à 9Dan. Pour la petite histoire, les professionnels japonais sont rémunérés - en tournoi - à partir de 1Dan (1d ou shôdan). Il est donc assez facile de se faire un idée de la puissance de l'opposant en regardant son classement : entre 30 et 20 kyu, c'est un amateur, entre 20 et 10 c'est un joueur confirmé, entre 10 et 1 c'est un (très) bon joueur, et lorsque l'on passe aux dans, ce sont des pros. Personnellement, je suis aux alentours de 20k, parce que j'oscille entre les idées brillantes de 15k et les bourdes magistrales de 25k.

Je vous invite maintenant à aller faire un tour sur le site "Jeu de Go" ou sur la Fédération Française de Go, ainsi que sur le Kiseido Go Server, et de vous faire un idée par vous même.

 

 

Entre autres niouzes, voici le dixième article de ce blog. Pour fêter ça je prends deux jours de repos, à savoir mardi 6 et mercredi 7 mai. On se voit le 8 pour d'autres folles aventures!