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26.04.2008

Les Noces de Figaro

Hier soir - pour mon anniversaire - je suis allée au théâtre, voir un Opéra des Noces de Figaro (nantie que je suis d'aller à l'opéra lorsque des africains meurent de faim). On m'avait dit qu'il y avait deux réactions possible lors du premier opéra, l'une étant les pleurs et l'autre l'ennui. Et bien, j'ai vacillé entre chacune, pour être honnête. laissez moi vous raconter.

Tout d'abord, Lorsque la pièce commence, les acteurs se sont mis à chanter. Première surprise. Pire encore, ils chantaient vite, en italien, et en accentuant les voyelles de sortes qu'on ne comprennent rien à leur cacophonie. J'ai eu du mal à me mettre dans le bain. Néanmoins, le jeu des acteurs était intéressant. Et puis, les décors étaient aberrants. On se serait cru dans une école primaire de 1950 avec des galeries marchandes américaines des années 60 sur les côtés. Figaro qui répond au téléphone, je vous avoue que ça ne me plaît pas. De plus, sur le "toit" plat de ce décor, il y avait des animaux empaillés et un touriste avec un synthétiseur dont on se demandait quelle était la fonction. Ma plus grande surprise à été la découverte des sur-titres. Oui, c'est comme des sous-titres, mais dessus.

Au dessus de la scène se trouvait donc un écran ou apparaissaient de manière laconique les traduction en français non chanté de ce que racontaient les acteurs. Ici aussi, je vous avoue que l'immersion dans la pièce est dure, lorsque l'on cherche anxieusement la traduction d'un incompréhensible charabia chanté, ou lorsque nos yeux foncent se poser sur l'écran dès qu'une petite bribe de paroles vient s'y afficher. Les allers-retours entre la pièce et les sur-titres ne sont pas agréables, et nuisent à l'ensemble. Et l'une des choses horribles de ces sur-titres était leur propension à disparaître quand on en avait le plus besoin. Je m'explique :
Il semble acquis qu'a l'opéra, le spectateur à une ouïe merdique/des problèmes de compréhension majeurs/une forte propension à voter à droite/autres/ne se prononce pas. C'est pourquoi les acteurs chantent trois à quatre fois la même phrase, afin d'être sûrs qu'elle rentre bien. Le lavage de cerveau ou les discours politiques sont moins insistants sur ce point là, tout de même. La ou interviennent les sur-titres, c'est qu'ils montrent le bout de leur nez pour la première phrase, mais pas pour ses quatre répétitions. Arrivée à la seconde déjà, le spectateur est perdu, il cherche anxieusement un sur-titre qui lui permettrait de garder le fil de la conversation, mais non, ils ont déjà disparu. Alors on se retrouve pantelant, perdu, nauséeux(se) d'avoir fait bouger nos yeux à toute allure dans ces petites orbites enfoncées propres à l'espèce, parfois avec des vertiges, et tout ça sans pour autant avoir compris ou en est l'action et surtout ce qu'il s'en est dit.

D'ailleurs, l'une de mes voisines m'a avoué avoir perdu un des passages comiques du jeu des acteurs car elle regardait les sur-titres. Tout le monde riait, elle ne comprenait pas pourquoi, et moi j'ai oublié ce qui était drôle. Enfin bref, passons. L'histoire était somme toute classique, et je regrette de n'avoir pas lu la pièce avant de venir, afin de décortiquer les libertés prises par le metteur en scène, choses que je n'aime pas trop non plus. Si une pièce à été écrite d'une certaines façon, c'est pour être racontée de cette façon. Oui, le public change, certes. Mais ceux qui vont voir des pièces de théâtre sont, d'abord, capables d'aller les voir (je parle d'argent, d'oseille, de kash, de money, de flouze, de moulah...), et en général, ils sont tout aussi capables de comprendre quel type de public était visé ; et parfois même de se mettre dans l'esprit d'un tel public, afin d'apprécier au mieux la pièce en question.

Une autre chose qui m'a choquée, c'est le nombre de gens bien habillés (robe du soir, smoking, châles de toutes sortes...) qui venaient voir cette pièce. Je vous l'avoue sans peine, j'ai un préjugé sur les opéras. Pour moi, il faut les voir dans d'anciens théâtres aux balcons nombreux, avec des sièges de velours rouge et l'odeur de paille qui s'en dégage souvent, tout cela en portant un masque du carnaval de Venise, de grandes robes de marquises, une reconstitution de Versailles en arrière plan, un dragon, des fées, un prince charmant devenu méchant, des kobolds, des nains hargneux, une baguette magique, trois saucissons, deux pains de campagne, une salade, deux paquets de mouchoirs... Désolée, je m'égare.

 

 

Au final, c'était somme toute une très bonne expérience, j'ai beaucoup aimé malgré les sur-titres, le fait que ça devenait long vers la fin, et le peu de place pour mes jambes délicates.


Entre autres nouvelles, j'ai un entretien d'embauche dans peu de temps, il me faudrait aller me chouchouter.

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