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25.04.2008
Joyeux Anniversaire
Aujourd'hui j'ai 20 ans. Oui, je sais que mon profil dis que je suis née le 18/04/1983, mais il n'empêche qu'aujourd'hui j'ai 20 ans.
Etant donné que ceci est le premier article, je suppose que me dois de faire une déclaration d'intention. J'ai donc décidé d'utiliser cet espace comme un carnet de bord, que j'espère mettre à jour de façon quotidienne (hors périodes de vacances, et tout le monde sait qu'elles sont nombreuses en France) avec un contenu encore indéterminé, mais ce sera sûrement un ramassis d'ennuyeuses anecdotes de chaque jour, de réflexion débiles sur des sujets tout aussi débiles, de délires incompréhensibles et de diverses réactions à diverses choses.
Je tiens à insister cependant sur un point précis. Bien que très respectueuse des courageux(ses) qui prendraient un malin plaisir à lire des choses aussi ennuyeuses que celles qui sont supposées arriver, ceci est avant tout un espace de stockage pour mes histoires. Si ce que vous lisez vous mets mal à l'aise (car il y en a, et chacun sa sensibilité), je ne puis que vous conseiller de cliquer sur le petit bouton qui permet de fermer la fenêtre et d'oublier ce qui vous mettais mal à l'aise. En échange, je m'engage à ne pas tenter sciemment de mettre mal à l'aise chaque supposé visiteur, afin d'être une hôtesse des plus respectable.
Maintenant que cela est dit, je devrais peut être me présenter, vous donner un avant goût de ce que je me propose de faire... Mais je n'en ai pas envie. Quoique je pourrais vous parler des pauvres. Allez, je le fais.
Si vous habitez ou passez par notre "belle" capitale, notre Ville-Lumière à nous, ce bijou de l'humanité conquérante, civilisée et à la pointe du progrès en matière de Droits de l'Hommes ( qui, je le rappelle, sont nés ici en France, et peut être même à Paris, qui sait ? Cocorico! ), vous aurez sûrement pris au moins une fois un métro ou un RER, et parcouru les longs corridors de la des-humanisation (ce n'est pas français, ne cherchez pas dans le dictionnaire, vous perdriez du temps et le fil de la discussion) dans lesquels d'affreux pantins déambulent en faisant semblant de ne pas voir les loques humaines mendiant pour leur survie, avec un regard coupable qui résume tout : "Je t'ai vu mais je fais comme si je ne t'avais pas vu, pour éviter que tu me demandes ce que je ne te donnerais pas parce que tu comprends, ma femme/mes enfants/mon chien/insérer une raison lambda ici m'attend chez moi et si je n'utilise pas mon argent pour lui acheter une sucrerie il/elle m'en voudra, même si je sais que toi tu pourrais vivre un jour de plus avec cet argent que je jette par la fenêtre, non ne me regarde pas, on a chacun nos problèmes après tout, la vie est dure, et j'ai eu plus de chance que toi, c'est tout. Saleté de pauvre qui mendie, ne me regarde pas, je ne te donnerais rien."
Oui, un regard peut en dire autant. Mais ce qui m'a personnellement choqué, ce n'est pas cela (quoique justement, ce devrait être choquant qu'on en soit à tel point blasés que c'est banal et horriblement normal). Non, ce qui m'a choqué ce sont les "pauvres" ou les "sans-papiers" (je dit ça parce que je ne sais toujours pas pour quoi ils font ce qu'ils font) qui distribuent - ou plutôt vendent - des journaux aux sorties des bouches de métro. D'abord, je croyais que c'était un journal gratuit, comme on nous envahi avec les 20 minutes, Métro, Direct Matin Plus (dont les 3 horoscopes ne concordent jamais, mais ce sera le sujet d'un autre article).
Laissez moi vous raconter ces moments d'âpre honte et amertume.
La première fois, croyant que c'était un journal de plus, je le prends et continue à avancer comme la bonne machine que je suis devenue. Lorsque l'homme, sale, hirsute et puant m'attrape par le bras, le mode automatique s'éteint, et je me rends compte que le journal en question coûte, comble de l'horreur, DEUX euros. (l'équivalent d'un repas chez Flunch pour les enfants,comme la pub nous le dit, mais ça aussi j'en parlerais plus tard... comme quoi, il y a matière) Pingre et horrible comme je suis, mais avec un reste de conscience, je ne voulais pas lui répondre "j'ai seulement un billet de 20 euros, je ne peux pas le prendre" alors je tente de lui rendre son journal en expliquant que "désolée, je n'ai pas d'argent sur moi, je vais en cours et j'ai juste un stylo et du papier." Et l'homme ose me poser un regard du genre "tu crois qu'avec tes vêtements et ton allure, poudrée de la tête aux pieds, jolie comme tu t'es faite, tu vas me dire que tu n'as pas d'argent sur toi ? allez ma mignonne, nous c'est pour survivre...". Rendez vous compte de la scène. Ils tentent de survivre, et cela nous irrite, nous pauvres nantis qui avons l'eau chaude, l'électricité, l'Internet haut débit, trois combinés fixes et deux mobiles 06, des maisons confortables dont les thermostats ne descendent pas en dessous de 25 degrés et dont les vérandas sont trop petites pour une fête entre amis, alors que le Jaccuzzi déborde avec trois personnes.
C'était ma deuxième rencontre avec l'un d'"Eux" (oui, je vais les appeler "Eux" à partir de maintenant, ça fait bien comme aliénation). Je sors du métro, et lui à failli me plaquer le journal sur la poitrine. Ni une ni deux, je me suis retournée, je suis rentrée dans le métro et j'ai cherché une autre sortie que je savais libre de ces distributeur qui forcent à la consommation. Je sais qu'il tentent de survivre, mais ça m'horripile qu'on me force à faire quelque chose (je devrais peut être tester les différentes stations et sorties, et poster un guide pour les éviter, mais ce serait le comble de l'attitude parisienne dont je parlerais aussi plus tard).
La troisième fois, j'ai joué la sourde muette. J'ai même sorti un carnet et un stylo de ma poche pour lui écrire "je muette, pas argent, désolée, vraiment". Oui, je l'ai fait. Je suis odieuse, et même odiable (toujours pas dans le dictionnaire). D'ailleurs, pour me rattraper, j'ai donné un Ticket Restaurant de 5,50 euros lors de ma quatrième rencontre. Pour me racheter une conscience au rabais, parce qu'étant Parisienne, je n'ai pas le temps de m'occuper de ma conscience et ma coiffeuse ne s'occupe pas de leurs brushings.
Si vous vous demandez pourquoi j'en ai croisé si peu, c'est qu'a partir de la seconde fois, j'ai tout fait pour les éviter. Les troisièmes et quatrièmes fois, ils m'ont eu par surprise, à la sortie du métro lorsque personne ne pouvait me servir de bouclier (une autre technique citadines dont je pourrais parler plus tard).
12:39 Publié dans Baratin | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 01, anniversaire, journaux, sans-papiers



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